Goya, Chienne de troupeau

Goya des Orckis de l’Adret est née en France chez Maryse Peytavin, le 1er août 2011.

Pratiquant le troupeau depuis quelques mois avec mes chiens de race bouvier australien (australian cattle dog), je me suis dit et pourquoi pas essayer aussi avec ma future chienne berger allemand ?

En effet, je songeais à reprendre une chienne berger allemand suite au décès de ma Xani de Balsiger dite Sherkahn, mais je ne voulais pas la laisser en plan pendant les stages de troupeau d’une semaine auxquels je participe régulièrement dans le Larzac !

En juin 2011, j’ai pris contact avec l’éleveuse avec qui j’ai eu un excellent contact, et celle-ci a relevé le défi de me trouver la chienne idéale pour ce travail : vive, éveillée, ayant l’instinct de proie sportif, douce ! (L’instinct de proie est important simplement car le travail au troupeau est basé sur des phases de chasse avortées et contrôlées).

La veille de mon départ pour un stage en octobre, j’ai reçu un mail me disant qu’il lui semblait avoir la perle rare ! Donc, le dimanche, en partant vers le sud, me voici en train de faire un détour non négligeable, juste pour voir… Et repartir avec une passagère clandestine quelques heures plus tard !

Lundi, le stage commence et je présente à Etienne Serclérat la petite dernière de deux mois et demi et lui dis : tu crois qu’on pourrait voir sa réaction avec les moutons ?

Et lui : Ohhh mais bien volontiers ! Elle est très jeune, mais on lui présentera les moutons ouessants (la plus petite race au monde) et on verra si elle est intéressée, tu devras certainement faire beaucoup de bruit pour lui montrer que les moutons c’est sympa !

Sitôt que je suis rentrée dans le parc avec Goya dans les bras, je vois une petite chienne très intéressée par ces choses remuantes et blanches ! Sur l’indication d’Etienne, je pose Goya et la laisse faire connaissance avec les moutons ! Et là, le miracle se produit, la mini puce court et rassemble les brebis, ne les laisse pas s’échapper !

Donc le premier test est réussi, il m’a fallu ensuite décider des noms à mettre sur les ordres de base à lui apprendre, afin de pouvoir plus tard travailler à plusieurs chiens! Son nom étant celui d’un peintre, les ordres seront des noms de peintres : Picasso, Rembrandt, Monnet, etc. !

Un chien de troupeau doit connaître certains ordres très importants pour son travail :

L’encerclement au loin, le stop, les positions, le rester, le marcher doucement, les gauche et droite et le terminé sont les bases !

Tous ces ordres sont possibles à apprendre sans les brebis, ils doivent être acquis à 200% si on veut avoir une bonne écoute avec l’excitation due aux brebis !

Etienne m’a conseillé de travailler entre deux stages avec son ami Steve Jaunin, éducateur en pastoralisme domicilié à Fiez en Suisse.

J’ai pris contact avec lui et ai commencé à travailler une fois par mois avec lui pour mes trois chiens  quand Goya a eu 7 mois. Elle a montré que ses débuts prometteurs n’avaient pas faiblis, en plus avec les ordres acquis dans la vie quotidienne, elle respectait mes indications et les brebis !

A chaque nouvel entraînement, elle progresse, elle prend de la maturité, son caractère jovial, sociable et enjoué permet de la faire travailler avec tout autre chien ainsi qu’avec des brebis et des agneaux que leurs mères protègent férocement.

A un an, Goya travaillait déjà de façon posée, calme, avec beaucoup de respect des brebis, elle n’hésitait pas à sortir les brebis des bois, elle les emmenait en montagne, les surveillait pendant que celles-ci broutaient tranquillement !

A 19 mois elle a passé son test HWT pour l’autoriser à participer aux concours FCI Traditionnels en Italie. Elle est ainsi autorisée à participer aux concours en FCI trad en Europe.

Le 28 avril 2013, nous avons participé à notre premier concours troupeau FCI trad en Italie à Suisio (Bergamo) et Goya s’est magnifiquement comportée, surtout pour une chienne de 20 mois, elle a obtenu un pointage honorable de 67 points sur 75.

Depuis nous avons continué les concours en FCI Trad jusqu’au plus haut niveau et nous participons aux concours en niveau 3. Le week-end de la Pentecôte nous participons au seul concours FCI Traditionnel 2016 en France. En octobre, nous irons en Tchéquie si tout va bien.

De plus nous avons obtenu le CACCBT (Certificat d’Aptitude de Conduite de Chien de Berger au Troupeau) et nous allons participer à plusieurs concours inter-races en 2016 dont celui organisé à La Couvertoirade, dans le Larzac et deux concours en Suisse pour organisés sous l’égide de la SCC.

Obtenir le brevet n’est pas une mince affaire en discipline troupeau car il faut avoir 2 excellents en classe 1 sous deux juges différents et 2 excellents en classe 2 là aussi sous deux juges différents.

Les parcours consistent en général selon la classe en une sortie de case du troupeau (au minimum 25 moutons), passages de portes de toutes les bêtes (souvent le troupeau en premier et ensuite seulement le berger), des slaloms, des parcs de tri, des séparations de lot de brebis, des montées en remorque des bêtes, qu’il faudra bien sûr aller récupérer, une pâture, recherche de 80m du troupeau, des couloirs, des croisements avec des véhicules en tout genres, des passages de ponts, et retour en case de toutes les bêtes emmenées.

En classe 1 les parcours durent environ 15-20 minutes et pour la classe 3 c’est en tout cas 30 minutes.

Pour participer au championnat de France inter-races, il faut être en classe 2 et être parmi les 20 meilleurs chiens en pointage sur 2 concours cumulés (comptent les deux meilleurs résultats). Autant dire que les places sont très chères et que le haut du panier est tenu par les Ferraris du troupeau, c’est-à-dire les broders collies, même si le champion de France 2015 était un beauceron nommé F’Cool conduit par Etienne Serclérat.

Gabrielle Tenud